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TOUCHE PAS A MON CHAMPIGNON

TOUCHE PAS A MON CHAMPIGNON

 

A l’heure du regain des tensions internationales, de la guerre commerciale, des risques de crise économique mondiale, à l’heure de la pression intégriste, des menaces terroristes, à l’heure de la montée des nationalismes, des populismes et du racisme au cœur même de l’Europe, la France se mobilise pour une seule cause :  Touche pas à mon champignon .

La fronde est générale. Ayatollahs du volant, forçats de la route, experts auto-proclamés, élus en mal de publicité, partis politiques en perte de vitesse scandent, devant les caméras, les mêmes slogans. On ne nous imposera  pas le 80 km/h ! On ne nous volera pas 50 secondes sur un trajet de 8 kilomètres ! On n’opprimera pas le bon peuple avec des radars routiers ! On ne le rançonnera pas à coup de contraventions ! C’est une affaire de principe, une question de liberté, de droit fondamental à s’éclater au volant.

Cette fureur, qui ne manque pas de stupéfier autour de nous les admirateurs de la patrie des droits de l’homme,  a-t-elle la moindre justification ? Rappelons la triste réalité. La route fait, chaque année,  en France 3.600 morts et près de 30.000 blessés graves. Plus qu’en Allemagne, en Italie, en Pologne, au Royaume Uni ou en Espagne. Depuis 2014, le nombre de victimes ne baissent plus, voire repart à la hausse parce que les comportements se relâchent. Et que le SMS et le téléphone au volant font de nouveaux ravages.

Doit-on se résigner à cette hécatombe ? Peut-on sérieusement mettre en balance toutes ces vies massacrées avec quelques minutes de plus sur un trajet, même quotidien ? Et faut-il accepter cette nouvelle hystérie qui identifie tout contrôle à une oppression, toute contravention à un racket organisé, tout conducteur imprudent à une victime de la tyrannie ?

Il est vrai que la limitation de la vitesse maximale sur les routes secondaires nous fera perdre un peu de temps. Il est vrai aussi que ce n’est pas un remède miracle. Elle n’agira que sur un petit tiers des accidents corporels. Mais en réduisant les distances de freinage, la violence des chocs, elle sauvera des vies. Il est bien sûr nécessaire de lutter aussi contre les autres causes d’accident : l’alcool, la drogue, le téléphone au volant. Mais ces combats passent, à l’évidence, par un renforcement de la présence des policiers et des gendarmes sur les routes alors qu’ils ont fort à faire sur d’autres fronts.

Agir sur les vitesses maximales permet d’agir vite. Cette mesure  a en effet l’avantage d’avoir un effet immédiat sur les comportements au volant. Comme toutes les grandes décisions en matière de sécurité routière, elle envoie un signal fort à tous les usagers de la route. En leur rappelant que le bitume n’est pas le Far West et que la citoyenneté doit  primer sur la liberté de transgresser les règles. C’est sans doute impopulaire. Ce n’en est que plus courageux.

Que proposent les adversaires du 80 km/h pour réduire le carnage ? Ils sont, sur ce point, assez décevants. Prenons le département des Hautes Alpes dont les élus viennent de se manifester : en 2017, le nombre de victimes y a augmenté de 9 %. En réaction à ces vies perdues, les responsables locaux n’ont rien trouvé de mieux que d’augmenter à 80 km/h la vitesse maximale sur les portions de route jusque-là limitées à 70 km/h ! J’espère que cette pitoyable rodomontade ne coûtera pas une vie de plus cette année dans le département. Car ces mêmes élus pourraient rendre compte pénalement compte de leur décision.

Les efforts répétés pour délégitimer la limitation de vitesse à 80 km/h sont autant d’incitations directes à la délinquance routière. Il faut rappeler à leurs auteurs qu’ils jouent là avec des vies humaines, Et que leurs diatribes en faveur de la vitesse sont aussi entendues par des familles endeuillées, par des hommes et des femmes cloués à vie sur un fauteuil roulant par un coup d’accélérateur. Revenons donc à un peu de décence et de rationalité dans le débat. Sauver des vies sur les routes françaises est un combat nécessaire, urgent, qui vaut bien qu’on sacrifie quelques minutes de notre temps.

 

Jehanne COLLARD

Présidente d'honneur

Julien THIBAULT

Président de l’association 

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