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Julien, victime, mort sur la route

Victimes de la route

Julien, victime, mort sur la route

 Le monde s’écroule. 


Notre fils Julien vient de mourir sur la route, en moto, bousculé, balayé, la tête encastrée sous le radiateur d’une voiture. Il avait 26 ans.

Ce sont des détails choquants mais tellement vrais, qui frappent bien sûr, mais font prendre conscience que la route tue et que cela n’arrive pas qu’aux autres. C’est tellement difficile à vivre cet événement, avec l’obligation de supporter l’insupportable et de continuer à vivre envers et contre tout, l’image dans notre tête, chaque jour et presque à chaque instant, de notre fils, allongé dans son cercueil, un petit sourire au coin des lèvres, beau comme un astre et détendu. Comment aussi oublier l’extrême douleur de mon mari qui a soulevé son corps pour l’embrasser une dernière fois.

Mais la vie, bien que fragile, est plus forte que tout  et pour que notre enfant ne soit pas mort pour rien, je me bats contre les conséquences d’un tel drame qui bouscule la stabilité de notre couple, de nos deux autres enfants, de notre famille, celle aussi de nos amis sincères, et nous fait balancer entre l’ombre et la lumière depuis quatre ans et demi.

Qui peut imaginer que la vie peut changer à ce point lorsque de telles tragédies se produisent ?

Qui peut penser que le couple, même s’il y a toujours eu une bonne entente, peut vaciller et qu’il faut être fort pour que rien ne se brise ?

Qui peut croire qu’un leader-né ayant toujours atteint les sommets qu’il s’était fixés en espérant toujours en gravir de plus hauts, décide de tout arrêter parce qu’il ne peut plus continuer de vivre comme si rien ne s’était passé et que la mort de son seul enfant biologique le laisse seul dans son cœur de père et meurtri pour toujours ?

C’est véritablement tout cela qui m’a donné le courage de ne pas alourdir le préjudice de la mort brutale et violente de Julien, en essayant de gérer au mieux le décalage entre ma  douleur et celle de mon mari que nous ne vivons pas à l’identique, respectant sa décision de quitter son emploi, abordant en osmose avec lui, un nouveau chemin dans une autre région avec des moyens qui sont moindres, et en défendant âprement la mémoire de notre fils dont les causes de sa mort sur la route resteront glauques et impunies, malgré une procédure de quatre années qui a débouché sur un non lieu.

Aujourd’hui, la douleur est la même mais elle ne se voit plus. Elle est intégrée dans notre corps  et nous vivons avec. Elle est devenue presque une amie, avec pour seul espoir, qu’elle s’adoucisse.  

De temps à autre, nous crions notre colère, comme exutoire, devant les batailles que nous avons livrées face à la justice,  au déni, à la stupidité, à l’abandon parfois,  sans pouvoir aboutir et nous laissant sans réponses jusqu’à la fin de notre vie.

C’est un besoin pour moi de partager cette terrible expérience et d’être dans l’action pour m’associer à cette  cause et  à celles et ceux qui ont la volonté d’aider et de prévenir pour que de tels drames soient évités. 

                                                   Annie BRUNI

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