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Les chiffres diffusés régulièrement par les pouvoirs publics ne disent pas tout. Dernière la froideur des statistiques se cache d’autres victimes, non comptabilisées : « Les victimes par ricochet ». Drôle d’expression quand il s’agit d’évoquer des enfants orphelins, des conjoints que la route a rendu veufs et veuves, des parents qui ne verront pas grandir leurs enfants.
Que se passe-t-il pour les victimes ou leurs proches, une fois la route déblayée et la circulation redevenue fluide ?
Sous le choc de la douleur ou accaparées par la lutte pour la vie, les victimes doivent affronter l'après accident. La plupart du temps, elles ignorent tout de ce qu'il faut faire : elles découvrent à chaque pas les subtilités et les dédales du système. Notre société qui préfère la voiture aux permanence.
Il faut les aider. Pour cela et grâce à ses bénévoles, Victimes et Citoyens agit au quotidien en direction de ses oubliés. Le soutien moral, élément essentiel de l’aide aux victimes, est un acte de solidarité naturel et indispensable.
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Interview de Marie Claude Adida, Déléguée Nationale
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Vous faites partie de ceux qui assurent l’accueil téléphonique des victimes…
Depuis 2001, j’assure en partie l’accueil téléphonique des victimes au 0.820.30.3000 (0.118€ la minute) et 06.86.55.24.01. Chaque jour des dizaines de victimes et leurs proches confrontées aux drames de la route et à leurs conséquences, appellent. Avec d’autres bénévoles, nous essayons de leur apporter l’aide dont elles ont besoin.
Quelle est votre mission auprès des victimes ?
Notre association a reçu, en 2005, plus de 4000 appels téléphoniques. Des familles qui viennent de perdre un proche ou qui s'inquiètent pour l'avenir d'un blessé gravement handicapé. Toutes ces personnes ont d'abord besoin de parler de leur détresse, de leurs angoisses. Il est plus facile pour elles de parler à un inconnu qu'à un proche trop affecté pour écouter.
Mais les victimes ont également besoin d'informations précises : Faut-il porter plainte ? Combien de temps va durer l'enquête ? Comment faire face aux frais qui alourdissent encore la tragédie ? L'accident les fait entrer dans un univers dont ils ignorent tout.
L’aide aux victimes c’est aussi la réponse à près de 700 courriers et mails par an.
Comment les aidez-vous ?
En leur offrant du temps, de la disponibilité. En leur expliquant que « Victimes et Citoyens » est là pour les accompagner tout au long d'un processus douloureux. Quand leur désespoir nécessite un soutien de proximité, nous les dirigeons vers les bénévoles qui animent les 38 délégations régionales. S'ils ont besoin de rencontrer d'autres victimes confrontées au même drame, nous les mettons en contact avec nos adhérents.
Nous organisons des déjeuners rencontre chaque année afin que ces victimes puissent partager leurs expériences.
L’association est un réseau riche d'expériences et de vraies générosités. Une sorte de famille virtuelle pour tous ceux que la route a rendu un peu orphelins.
Mais êtes-vous toujours disponibles ?
Avec d’autres bénévoles, nous nous partageons l’accueil téléphonique afin d’en assurer la continuité, quelque soit le jour et l’heure. Nous savons que l’accident n’a pas d’heure.
Qui peut vous rejoindre ?
Nous sommes toujours prêts à accueillir des nouvelles « forces vives », pleines de motivation et prêtes à consacrer un peu de temps à cette grande cause.
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