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Rencontre avec la ministre Marie-Pierre Vedrenne : faire de la sécurité routière une priorité national

Rencontre avec la ministre Marie-Pierre Vedrenne : faire de la sécurité routière une priorité national

Publié le : 15/06/2026 15 juin juin 06 2026

Julien THIBAULT, président de l'association Victimes et Citoyens a récemment rencontré Marie‑Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, pour échanger sur l’urgence d’un nouveau cap national en matière de sécurité routière. La situation actuelle impose une mobilisation forte et cohérente de l’ensemble des acteurs publics.

Une réalité humaine qui appelle une réaction immédiate

Chaque année, la France enregistre 3 263 décès, 16 000 blessés graves et 247 000 blessés sur les routes. Ces chiffres ne reflètent qu’une partie du drame. Les études de l’AGIRA montrent qu’une victime directe entraîne entre 7 et 10 victimes indirectes : proches en détresse psychologique, familles fragilisées, aidants improvisés. Au total, près de 200 000 personnes sont touchées chaque année.

La violence routière représente 550 victimes par jour, soit une toutes les trois minutes.

Selon l’Université Gustave Eiffel et l’ONISR, en intégrant les co‑victimes, le coût annuel dépasse déjà 100 milliards d’euros. Ce poids humain et social doit être reconnu comme un enjeu majeur de santé publique.

La France n’est plus sur la trajectoire européenne

L’objectif européen 2020‑2030 prévoit de diviser par deux le nombre de tués et de blessés graves. La France n’est aujourd’hui plus alignée sur cette trajectoire.

Pourtant, les pays européens les plus performants ont appliqué des leviers identifiés : contrôles cohérents, sanctions dissuasives, police dédiée, baisse des vitesses, infrastructures sécurisées, éducation continue. Leur réussite montre qu’une stratégie stable et assumée permet de sauver des milliers de vies.

La sécurité routière doit être portée au plus haut niveau de l’État

Notre échange avec la ministre a mis en évidence un point essentiel : la sécurité routière ne peut plus être un sujet dispersé entre administrations. Elle doit devenir un grand plan national, lisible, structuré, et porté directement par le Président de la République.

Il s’agit d’un enjeu :

  • de protection des citoyens,

  • de santé publique,

  • d’égalité territoriale,

  • de mobilité durable.

Sans impulsion présidentielle, la France ne retrouvera pas la dynamique qui a permis, par le passé, de réduire fortement la mortalité routière.

Un plan d’action national structuré autour de six priorités

Notre association a présenté un ensemble de propositions articulées autour de six axes :

  • Restaurer un contrôle routier efficace : police dédiée, contrôles ciblés sur les comportements les plus mortels.

  • Renforcer la portée dissuasive des sanctions : jours‑amende, confiscations, immobilisations.

  • Accélérer la justice routière et mieux accompagner les victimes : délais réduits, coordination forces de l’ordre – hôpitaux – associations.

  • Protéger les usagers les plus vulnérables : cyclistes, piétons, seniors, enfants.

  • Agir sur les comportements par l’éducation et la prévention : culture du risque, formation continue, perception du danger.

  • Mobiliser la Nation autour d’un objectif clair : transparence, indicateurs publics, cap national partagé.

Une mobilisation collective indispensable

La France a déjà démontré qu’elle pouvait réduire la mortalité routière lorsqu’elle se donnait les moyens d’agir. Aujourd’hui, il est temps de renouer avec cette ambition et de faire de la sécurité routière une grande cause nationale, portée au plus haut niveau de l’État.

Notre association continuera à se mobiliser pour défendre les victimes, soutenir les familles et promouvoir une politique publique cohérente, ambitieuse et protectrice.

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